[Test] Microsoft Surface Book avec base performance

Je me rappelle combien j’avais été impressionné l’an dernier lors de la présentation du Surface Book par Microsoft. Après une démonstration de la toute nouvelle Surface Pro 4, quelle surprise de voir Panos Panay revenir sur scène avec un ordinateur portable, mais surtout une surprise double lorsqu’il a détaché l’écran pour la toute première fois devant le public. Le message était clair : le Surface Book était une réponse à une demande des clients Microsoft et l’appareil se voulait le portable ultime.

Dans les faits, plusieurs embuches se sont dressées les unes après les autres devant le Surface Book. D’abord, un GPU plutôt décevant qui ne donnait pas les performances escomptées. Puis une série de problèmes logiciels provenant de différentes sources, notamment la nouvelle série de processeur Intel SkyLake mais aussi du système de détachement de l’écran. Il aura fallu plusieurs mois à Microsoft pour régler la majorité de ces problématiques.

Pour plusieurs de ces raisons, le Surface Book avec base performance est une évolution plutôt timide du modèle original. Cet ordinateur portable hybride propose essentiellement la même offre, mais avec une base légèrement revue pour y inclure un processeur graphique plus performant… Trop peu trop tard ? Voyons voir.

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Les spécifications

Essentiellement, le Microsoft Surface Book avec base performance reprend la majorité des spécifications de l’an dernier, en mettant le focus sur l’haut de gamme. Disponible uniquement avec le Core i7-6700U (l’ancien modèle est toujours disponible avec le Core i5 en option), l’ordinateur portable de Microsoft est offert en 3 modèles, soit Core i7 avec 8 Go de Ram et SSD de 256 Go, 16 Go de Ram et 512 Go SSD, et finalement 16 Go de Ram et 1 To SSD (toujours non-disponible au Canada). Le modèle testé ici est le centre de cette gamme, soit le Core i7 / 16 Go / 512 Go détaillé au prix de 3629$.

Tableau des spécifications (modèle de test)

Processeur Intel Core i7-6700U (2.8 GHz)
Carte graphique
  • Intel Graphics HD 520
  • NVIDIA GTX 965m
Écran 13,5 pouces
Résolution Pixelsense 3000 x 2000 pixels (267 pixels par pouces)
Stockage SSD 512 Go
Mémoire vive LPDDR3 16 Go
Coonectique
  • 2 x USB 3.0
  • Mini DisplayPort
  • Lecteur Carte SD
  • Prise casque
  • Port Surface Connect
Sans-fil
  • Wifi 802.11ac
  • Bluetooth 4.0
Caméras
  • Avant 5 Mpix avec Intel Realsense
  • Arrière 8 Mpix
Poids 1,647 Kg
Autonomie annoncée 16 heures (lecteur vidéo en boucle)
Logiciel Windows 10 Pro
Accessoires Stylet (inclus)

Clavier (inclus)

Prix 3266,10 $ (prix de détail 3629$)

Du magnésium partout

Lorsqu’on prend le Surface Book en main pour la première fois, on remarque instantanément la grande qualité de construction de cet appareil. Tout est en magnésium : le boitier de l’écran, du clavier, etc. Le pavé tactile en verre est très MacBook-Esque avec une texture qui glisse un peu moins, mais il est tout aussi efficace à utiliser. C’est d’ailleurs jusqu’à maintenant le meilleur pavé tactile que j’ai utilisé sur un portable Windows et il fonctionne aussi bien que celui du MacBook.

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Le poids est surprenant. Bien que l’appareil ne dispose d’une dalle de 13,5 pouces, le Surface Book semble lourd en main. Si cela contribue au sentiment de qualité de l’appareil, on espère tout de même mieux pour un ordinateur portable qui voudrait se classer parmi les autres ultrabooks du marché, mais ce n’est pas le cas. Il n’est pas lourd, mais je dirais qu’il n’est pas léger non plus. À titre comparatif, les nouveaux MacBook Pro 13 et 15 pouces pèsent respectivement 1,37 Kg et 1,83 Kg.

La taille de l’appareil est aussi surprenant. Lorsque le Surface Book est refermé, il semble être très gros avec son épaisseur de 14,9 mm à 22,8 mm. Par contre, la charnière particulière est grandement responsable de cette taille puisqu’une fois ouvert, l’ordinateur semble tout aussi mince sous les mains qu’un autre. Cette charnière à la conception particulière a d’ailleurs deux fonctions : permettre à l’écran d’être détaché et d’être maintenu solidement au clavier, puis aussi créer un espace pour la sortie d’air chaud de la carte graphique. Car en effet, la sortie d’air pour le GPU NVIDIA est directement derrière le clavier. Comme il y a aucune ventilation sous ou derrière l’appareil, il est donc possible de l’utiliser sans problème dans un lit ou sur un oreiller sans avoir peur de créer une surchauffe.

Parlons d’ailleurs un peu de cette charnière. Le « Fulcrum Hinge » est une conception tout à fait unique qui donne l’impression de se dérouler progressivement sur le bureau lorsqu’on ouvre l’écran. C’est d’ailleurs l’élément qui créer la plus grande différenciation du Surface Book face à la concurrence. Personnellement j’aime beaucoup ce look, mais je suis parfaitement conscient qu’elle ne plait pas à tous et qu’elle divise énormément les avis de tous et chacun. Avec la base performance, la charnière n’a pas changé du tout. Alors l’avis que vous avez eu l’an dernière sur celle-ci risque très peu d’avoir changé.

Des choix à l’opposé d’Apple

Cette année, Apple aura été critiqué à tord ou à raison pour certains choix effectués sur la nouvelle gamme de MacBook Pro 13 et 15 pouces. Proposant un design plus mince, Apple a opté pour une connectique basée uniquement sur l’USB type-C, un connecteur dont tous s’entendent pour dire qu’il s’agit de l’avenir de l’informatique, mais un futur qui n’est toujours pas arrivé. Microsoft a fait le choix complètement inverse : proposer une connectique plus traditionnelle avec deux ports USB 3.0, lecteur de carte SD et mini DisplayPort.

Laissez-moi creuser la question un peu plus, si vous me permettez. L’USB de type-C est clairement le choix du futur, et Microsoft aurait dû inclure un tel port sur le Surface Book, mais pas nécessairement tous ses ports. Nous sommes dans une période de transition présentement et les ordinateurs doivent respecter les standards d’aujourd’hui et de demain pour éviter d’être obsolètes trop rapidement. Par contre, à choisir entre les deux situations, je crois que l’offre de Microsoft reste plus intéressante.

Lorsque la transition massive vers l’USB de type-C sera terminée (d’ici 3 ans selon moi), les appareils vendus aujourd’hui auront déjà la moitié de leur vie « utile » de complétée. Et une fois rendu à ce moment, même si plusieurs périphériques seront disponibles sous USB-C, les périphériques USB 3.0 existeront encore. Le Surface Book ne sera donc pas obsolète car le marché ne pourra pas cesser de produire des périphériques pour le milliard d’appareils qui sera toujours en circulation et qui n’aura pas de ports USB-C. À l’inverse, le MacBook d’Apple a un problème de d’adaptateurs aujourd’hui. Le client qui achète maintenant le nouveau MacBook Pro devra donc invariablement débourser entre 50$ et 100$ supplémentaires pour l’achat d’adaptateurs pour simplement s’accommoder aujourd’hui. Enfin bref, vous avez saisi le portrait.

Une utilisation classique et futuriste

Un autre choix est aussi de conserver un clavier plutôt traditionnel. Celui du Surface Book avec base performance est d’ailleurs d’excellente facture et on s’y habitue très rapidement. Ce clavier est d’ailleurs très silencieux et possède une course de 1,6 mm de profondeur. C’est très agréable à utiliser. Le pavé tactile est aussi très précis et je n’ai rencontré aucun problème à l’utilisation. Les fonctions tactiles multipoints fonctionnent d’ailleurs sans aucun problème.

Si l’aspect ordinateur portable du Surface Book est excellent et plutôt classique, il peut aussi être utilisé de plusieurs manières grâce à son côté convertible. On peut d’ailleurs détacher l’écran pour l’utiliser comme une tablette (sans profiter de toute l’autonomie toutefois, seulement 3 heures environ), ou carrément remettre l’écran à l’envers sur le clavier pour profiter d’un mode canevas. Dans cette configuration, on peut donc soit regarder l’écran uniquement comme une présentation ou le rabattre complètement par dessus le clavier et l’utiliser comme une tablette tactile à dessiner.

Le stylet du Surface Book (le même que sur la Surface Pro 4) est très précis. Si je ne suis pas un artiste pour en juger moi même, je l’utilise régulièrement pour signer des documents ou prendre des notes manuscrites lors que je suis debout avec l’appareil. Personnellement j’ignore encore si j’aurais acheté le stylet s’il était vendu séparément, mais je suis très heureux de le posséder chaque fois que l’occasion se présente.

De très bonnes performances

Le Surface Book avec base performance offre une puissance très intéressante. Si le processeur n’est pas quadricoeur, la carte graphique vient souvent rattraper cet élément. C’est donc un ordinateur aux performances très bien balancées. Je l’utilise d’ailleurs moi-même comme poste de streaming pour ma chaine Twitch (maxtremblay.tv) ou même pour jouer à des jeux vidéo.

Par exemple dans Overwatch, mon jeu préféré de 2016, le Surface Book avec base performance se comporte plutôt bien. Avec une résolution de 1920 x 1200 et le graphisme réglé à « élevé », la fréquence de l’image ne descend jamais sous les 60 images par secondes. Pour des jeux plus anciens, la configuration ne pose vraiment aucun problème. Pour du plus lourd, comme Quantum Break par exemple, le jeu reste jouable mais plutôt à 30 images par secondes. Le Surface Book n’est pas conçu pour être un monstre de gaming, mais il s’en tire plutôt bien malgré tout.

Règle général, l’appareil est aussi parfaitement silencieux et il est impossible de distinguer les ventilateurs dans une utilisation normale. C’est plutôt lorsqu’on lance un jeu vidéo ou une application graphiquement lourde que tout se met en branle et dans ces situations, les ventilateurs deviennent très audibles. Vous voudrez peut-être jouer avec des écouteurs même si la puissance et la qualité des haut-parleurs sont suffisants.

Voici résultats de tests synthétiques et autres :

3DMark
  • Skydiver : 10 746
  • Ice Storm Unlimited : 63476
  • Time Spy : 1554
  • Cloud Gate : 8551
PCMark 08 Home Accelerated : 2948
Jetstream
  • MS Edge : 195,19
  • Chrome : 167,89
Geekbench v.4
  • Single core : 3800
  • Multi core : 7241
  • OpenCL : 64 463
CrystalDiskMark
  • Read : 1501 Mb/s
  • Write : 607 Mb/s
Overwatch
(1920×1200 / high)
65 – 85 fps
Diablo 3
(3000×2000 / high)
65 fps
Battlefield 4
(1920×1200 / high)
48 – 65 fps
Heroes of the Storm
(3000×2000 / Medium)
40-50 fps

Un appareil unique

Le Surface Book avec base performance est un appareil unique. Non seulement Microsoft a réussi un design qui se distingue totalement de la compétition mais aussi en offrant un format petit, relativement léger et très performant. Évidemment, d’autres ordinateurs portables sont aussi 2 en 1, certains offrent le stylet, d’autres offres encore plus de performances mais seul le Surface Book peut offrir toutes ces capacités dans un seul appareil avec une très grande autonomie. Le prix est évidemment très élevé, mais si tout comme moi vous cherchez à combler tous ces besoins à la fois, le Surface Book avec base performance est le meilleur dans cette catégorie.

J’aime :

  • Le plus puissant 2 en 1 avec GPU
  • Petit, léger, performant…Très silencieux en utilisation normale
  • Autonomie
  • Stylisé et unique
  • Connectique classique
  • Écran de qualité exceptionnelle
  • Clavier et pavé tactile très agréables
  • Stylet fournit avec l’appareil

Je n’aime pas :

  • Très, très cher (3629$, ouch!)
  • On peut trouver plus performant pour 1000$ de moins
  • Processeur Intel 6ième génération, pas 7ième. Même chose pour processeur NVIDIA qui aurait pu être de la nouvelle génération
  • Un look qui ne fait pas l’unanimité
  • Plus épais que la moyenne lorsque refermé

Verdict : Un achat fortement recommandé si vous désirez un ordinateur portable unique et 2 en 1 qui propose un puissant processeur graphique, pour autant que votre budget le permette

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