[Test] BlackBerry Playbook

Par Maxime Tremblay

Alors que les actions de RIM sont en baisses constantes, la compagnie canadienne tente le tout pour le tout avec un produit fort inspiré : le BlackBerry Playbook. La tablette noire sera-t-elle suffisante pour redorer le blason de Research in Motion?

Caractéristiques

Commençons d’abord par les spécifications de l’appareil :

  • Processeur double coeur 1 GHz
  • 1 Go de mémoire vive
  • Écran de 7 pouces, résolution de 1024×600, multi touch
  • Accéléromètre, gyroscope, GPS
  • Port mini-USB, HDMI
  • Sortie audio
  • Caméra frontale de 3 MPix, Caméra arrière de 5 MPix
  • Carte Wifi 802.11 a/b/g/n et carte 4G (sur certains modèles)
  • capacité de 16 à 64 Go

et les dimensions :

  • Hauteur : 130 mm
  • Largeur : 194 mm
  • Épaisseur : 10 mm
  • Poids : 425 g

Design, ergonomie et prise en main

La première prise en main du BlackBerry Playbook est très positive. Le format de 7 pouces de l’appareil le rend très agréable à utiliser. Il est léger, facile à manoeuvrer et à prendre en main. Aussi, son format lui procure un avantage de taille : celui de lui donner la possibilité d’utiliser le clavier à deux mains, méthode franchement plus rapide que de taper à un seul doigt. L’appareil dégage une grande impression de qualité. Il est solide en main, rien ne dépasse, rien ne craque.

L’écran est tout simplement magnifique. Malgré la résolution commune de 1024×600 pixels, le fait de l’utiliser sur un écran de 7 pouces est parfait et il est bien difficile de distinguer les pixels à l’écran. Par ailleurs, le visionnement du vidéo démo en HD est convaincante dès les premières secondes et peut vendre l’appareil à elle seule tellement l’image est bluffante. Le multi touch sur cet écran est aussi d’une redoutable précision. À ce chapitre, le Playbook n’a rien à envier à d’autres tablettes, comme le iPad 2 d’Apple. Autre aspect fort intéressant, alors que généralement la bordure de l’image ne sert à rien, ici RIM a décidé d’utiliser cet espace et de le rendre tactile pour faire certaines commandes, comme le changement d’applications ou l’ouverture de nouveaux programmes. D’abord étrange au premier abord, cette technique devient redoutablement efficace au bout de quelques minutes et les autres tablettes vous paraîtrons du coup à des années lumières.

Peu de boutons sont disponible sur le BlackBerry Playbook, mais leur conception pose problème, en particulier le bouton de l’alimentation. Son utilisation est fort peu pratique et difficile car le bouton est trop à la limite de l’appareil. On a donc l’impression de devoir appuyer très fort (et ce n’est pas qu’une impression) pour ouvrir l’appareil. À ce propos, je vous recommanderais donc l’utilisation du mode veille et du rallumage à l’aide de la commande tactile.

Logiciels et OS

Le BlackBerry Playbook fonctionne avec son propre système d’exploitation, le QNX. Complètement différent du BlackBerry OS, le QNX se trouve à être la prochaine génération de OS chez RIM. Le système possède bien des qualités. À l’utilisation, je pense que le facteur clé d’une tablette est sa réactivité et là, le Playbook fait très fort. On peut très aisément lancer des applications en parallèle en toute fluidité et il est très facile de passer d’une application à une autre. Les menus sont clairs et faciles d’utilisation. La plupart du temps, pas besoin d’aucun boutons physiques pour effectuer cette tâche, ce qui rend les commandes encore plus rapides. Le navigateur Internet se veut assez performant et réactif et supporte aisément le flash en version 10.1 en plus de certaines fonctions HTML 5.

Tout n’est pas parfait sur le Playbook. Certaines décisions de conception logicielle sont complètement imcompréhensibles. Par exemple, il n’y a aucun client de courrier électronique sur l’appareil, donc impossible d’y recevoir des courriels. Bien qu’il soit facile d’accéder à nos Gmail, Hotmail et compagnie, il me semble que ce n’aurait pas été si compliqué de fournir un simple client qui supporterais les technologies communes à l’instar du iPad 2. Le POP, le IMAP et le  protocole Exchange aurait été bien accueillis sur la plateforme mais il n’en est rien, pas même de gestion de contacts ni de calendrier. À la place, RIM a privilégié la création d’un pont entre un appareil Blackberry et le Playbook. Ce pont permet entre autre autre l’accès à vos courriels, contacts et calendrier directement depuis votre mobile Blackberry ainsi que faire du partage de connexion Internet. Bien que cette option fonctionne à merveille, c’est un choix douteux que ne proposer que celle-ci. Impossible de lier l’appareil avec tout autre cellulaire. Dommage.

Il y a d’autres trucs qui sont vraiment agacants. Un support certes des fichiers office, mais de manière très limité, la possibilité de s’abonner à des podcasts sur la boutique de BlackBerry, mais nul part ailleurs. Impossible d’inscrire manuellement un flux RSS au sein de l’appareil pour s’abonner à un podcast. À titre de comparaison, même Apple propose cette option au sein d’iTunes… Le Playbook a aussi deux caméras, une frontale et une arrière pour la prise de photos et de vidéos. Celles-ci sont tout juste correct pour des besoin rapides, mais il ne faudra pas s’attendre à jouer les photographes professionnels avec cette tablette, comme bien d’autres d’ailleurs. Au moins, il est très facile d’accéder au Playbook sur votre réseau local afin d’accéder à son contenu sans jamais devoir brancher l’appareil sur un ordinateur. Ça c’est bien !

Enfin, le BlackBerry Store fonctionne bien, mais on y retrouve bien peu des grandes applications connues. Par exemple, je suis un grand utilisateur de Twitter, et je n’ai trouvé aucune application digne de ce nom. Aussi bon le navigateur Internet soit-il, j’aurais vraiment apprécié une application dédiée pour cette utilisation. Très faible au niveau des jeux aussi, par exemple le très connu Angry Birds, récemment disponible sur Windows Phone, n’est toujours pas disponible sur le Playbook. Cela illustre assez bien l’un des problèmes majeur de cette plateforme : le support frileux des éditeurs. Bien des développeurs ne ressentent pas le besoin de créer pour QNX et ça se comprends. D’un autre côté, la plateforme aura toutes les difficultés du monde à se faire valoir si sa boutique d’applications est insuffisante. RIM devrait sans attendre s’attaquer à ce problème en proposant quelques bonbons aux développeurs, histoire de les attirer un peu plus.

Le BlackBerry Playbook : capable du meilleur comme du pire

Cette phrase est à mon avis le meilleur résumé. Matérielement parlant, le Playbook est un appareil fantastique. L’écran de 7 pouces est magnifique et d’une précision redoutable. Aussi, il donne la possibilité à la tablette d’être offerte dans le format le plus intéressant du marché. 7 pouces, ça fait un pont parfait entre un smartphone et un ordinateur portable. Dommage que les boutons physiques soient aussi difficile d’accès. Du côté logiciel, le système QNX est simple, efficace, performant mais surtout, très réactif. Avec le Playbook, la réponse au doigt et à l’oeil prend tout son sens. La tablette supporte le flash 10.1 de manière très confortable, le changement d’applications se fait avec aisance et toujours avec fluidité. Malheureusement des décisions douteuses viennent miner l’expérience de manière assez abrupte, comme l’impossibilité totale de gérer du courrier électronique, contacts et calendrier de manière indépendante, sans l’utilisation d’un mobile BlackBerry. Ce qui est encourageant, c’est que la majorité des problèmes du Playbook sont d’ordre logiciel et on peut « espérer » que ces limitations seront choses du passé avec de futures mises à jour.

Les notes:

  • Design : 9
  • Ergonomie : 9
  • Logiciel : 6
  • Performance :  9
  • Valeur : 8

Note globale : 7,5/10

Merci tout particulier à Martin Caron qui m’a prêté son appareil durant une journée entière.

14 comments

  1. Daniel Deschenes · juillet 2, 2011

    Il y a vraiment une explosion des tablets PC sur le marché: ipad 2, Playbook, Galaxy Tab, Xoom, Lepad, TouchPad (HP)…Bref, ça devient aussi difficile d’acheter un tablet PC qu’un smartphone vu l’étendu des choix qui s’offre à nous.

    Le iPad 2 semble avoir une longueur d’avance sur ses compétiteurs, mais à travers tous ces choix, comment faire le bon? As-tu essayer le Xoom ? Quelle OS privilégié? iOS, Android, QNX, WebOS?

    Trop de choix, c’est comme pas assez!

    • Maxime Tremblay · juillet 2, 2011

      Pour en avoir essayé quelques unes, le iPad 2 a effectivement une longueur d’avance, tant au niveau du matériel et du logiciel. Ses seules faiblesses sont au niveau de sa connectique (aucuns ports en sortie, sauf le port Apple) et sa dépendance à iTunes (impossible de démarrer la première fois sans le brancher à un PC ou à un MAC).

      Il reste les produits Android que je n’ai pas pu tester beaucoup, ils sont intéressants et réactifs (en autant que tu en prennes une avec un processeur double coeur) et offrent les mêmes possibilités de bidouillage que les smartphones Android. Par contre, elles sont beaucoup moins « user friendly » et le système manque d’intuitivité (je peux dire ça ?).

      Pour moi, le Playbook était l’un des plus intéressant, mais ses défauts le rattrapent. S’il avait un meilleur Store et une gestion complète courriel+calendrier+contacts, ça serait franchement mieux car le OS est réactif, intuitif et très agréable à utiliser. De plus son format est pour moi le plus intéressant.

      J’espère que ça répond à ta question 🙂

  2. yl66 · juillet 2, 2011

    Bonne critique constructive,ca reflète bien les 2 cotés de la médaille du playbook! j’ai acheté la version 64GB a $700 (j’ai aussi le bold 9780 pour faire le bridge entre le 2) j’ai également fais confiance a la parole de rim avant sa commercialisation qui nous a clairement dit que les manquements mentionné ci-haut serait résolu au courant de l’été par mises a jour…c’est a leur interêt!! sinon je suis satisfait dans la mesure ou le work in progress du plan de match initial est respecté…parole dite,parole donnée! maintenant,j’ai hâte de voir QNX sur les futurs BB….Back to the future pour Rim,c’est l’heure!

    • Maxime Tremblay · juillet 2, 2011

      Je suis content que ma critique te plaises 🙂 J’essaie toujours de montrer qu’un produit n’est pas que noir ou blanc. Je pense après essai que la majorité des critiques sur le Playbook ont été très dures envers le produit, probablement trop. Cela n’enlève rien au fait qu’il y a des manques au système, mais au moins, rien qui ne peut être corrigé via des mises à jour.

      J’espère que tu continueras de nous suivre ! 😀

  3. Antoine L. · juillet 2, 2011

    C’est déconcertant de voir qu’après tout ce temps, aucun concurrent à réussi à battre la longueur d’avance du iPad…

    Pourtant la recette est simple; sortir un bon produit tant hardware que software.

    Alors pourquoi RIM à eu la « merveilleuse » de sortir une tablette à moitié prête sans la base comme des clients courriels ? Pourquoi Honeycomb et Google s’entêtent à laisser le « free for all » dans ses OEM en les laissant faire ce qu’ils veulent et fragmenter toute la plateforme qui nuit grandement en « bottom line » (comme par exemple l’application X fonctionne seulement sur la machine de X) ?

    J’avais grand espoir avec le Touchpad, même si je suis un peu vendu à Apple je dois l’admettre, leur software est très solide… mais il semble que le hardware aurait des ratés.

    Je continue de croire que RIM aurait du acheter Palm et ainsi amener webOS sur ses smartphones et tablettes, à mon avis ils ne seraient pas aussi dans la merde qu’ils le sont présentement car leur hardware à toujours été très solide, c’est le software qui laisse à désirer…

    • Maxime Tremblay · juillet 2, 2011

      En fait, je pense que la longueur d’avance d’Apple vient d’avoir lancé son produit près d’un an avant tous les autres concurrents. Cela leur a donné tout un avantage au niveau de l’écosystème et des développeurs, sans compter que bien des applications sur iOS ne nécessitait que peu de changement pour être compatibles sur iPad.

      Pourtant, le iPad n’est pas parfait. Je suis toujours autant rebuté de ne pas avoir de port USB standard, et sa dépendance à iTunes (très rebuté par iTunes). Mais la clé d’une tablette, c’est simple : réactivité, simplicité et écosystème. Et ça, Apple l’a bien compris, ce qu’il fait qu’ils sont capable de vendre des accessoires qui palient au manque du produit (sortie vidéo, lecteur carte SD).

      • Antoine Leblond · juillet 3, 2011

        Personnellement, j’aime mieux endurer une application desktop qui à des ratés comme iTunes (même si je n’ai pas eu trop de problemes avec, je dois être chanceux j’imagine) que d’endurer un téléphone (Blackberry) qui marche tout croche et doit être rebooté plusieurs fois par jour, reboot qui prenaient 6 ?%#@!! minutes, car l’OS est pas foutu de gérer sa mémoire comme il faut ou encore pire, après l’installation d’une application. Windows 95 peut aller se rhabiller.

        Mais bon, la longueur d’avance de Apple ne devrait plus être d’actualité de nos jours considérant que les concurrents ont eu amplement le temps de se sortir les doigts du derrière. Mais non, sauf Palm qui n’à pas su mettre en marché son produit (webOS) comme il faut, on dort au gaz…

        Malheureusement, je ne crois pas que HP fera bon usage de son « achat »…

      • Maxime Tremblay · juillet 3, 2011

        Faut tout de même pas exagérer le problème d’un téléphone blackberry. J’en ai un pour le travail et il fonctionne très bien, il est simplement moins « cute » et moins axé sur les applications sociales. Il est très stable et ne plante jamais. C’est un Bold 9700, sur OS 5.
        Pour le iPad, c’est très difficile pour les autres compagnies car il reste le fait que les développeurs travaillent d’abord sur iOS, ensuite sur les autres plateformes s’il en ont la chance / le goût. C’est la raison principale du succès chez Apple présentement.
        Merci pour ton feedback sur l’article, je l’apprécie beaucoup 🙂

      • Antoine Leblond · juillet 3, 2011

        J’ai eu deux Blackberrys, le premier Pearl qui fonctionnait plutôt bien mais ne faisait pas grand chose d’autre que du courriel/agenda et un Storm avec OS 5… et là je t’assure je n’exagère pas vraiment quand j’affirme qu’il était nécessaire de le rebooter plusieurs fois par jours… après presque chaque installation ou mise à jour d’une application…

        Stable pour le courriel et agenda, le reste on oubliait ça 😉

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